L’incroyable histoire de Murano

On 8 août 2013 by Maeva

Murano est une île située au nord de Venise. Cette île a fait beaucoup parler d’elle au travers de différentes époques jusqu’à maintenant.

Comment une petite de 1,17 km2 a acquit une telle notoriété ? Tout simplement par sa fabrication unique de magnifiques verres.

La réputation de cette île comme centre de verrerie naquit lors de la République de Venise au 13e siècle. La plupart des verriers étaient alors installés à Venise, mais suite à de nombreux incendies provoqués par les fours sans cesse allumés, la république décida en 1201 de faire emménager les verriers sur l’île Murano par mesure de sécurité.

Murano

Murano de nos jours

travail du verre

Travail du verre à Murano

soufleur

Souffleurs de verre

Four

Four à verre

Le secret de la fabrication de ces verres était précieusement gardé par les verriers. Le savoir se transmettait de père en fils. Leurs productions étaient d’une telle beauté que de nombreux souverains d’Europe venaient les admirer et commander de la vaisselle, des bijoux et même des vitraux.

Certains verriers eurent un tel talent qu’ils sont restés gravés dans les mémoires ou plutôt dans l’histoire. Les plus grands créateurs-verriers furent la famille des « Ballarin ». C’est d’ailleurs cette incroyable famille, qui en 1492, produisit des verres de couleurs rubis transparents et ceux-ci devinrent les verriers plus riches de l’île.

Leur notoriété était d’ordre mondial, François 1er, Henri 2, la cour impériale d’Autriche et même le Sultan de Constantinople faisaient appel à leur service pour orner leur palais de leur verre. Entre le 16e et le 18e siècle, l’île de Murano fut à son apogée : les verriers réussirent à colorer les cristaux et en firent un art raffiné.  Vaisselles, miroirs, lustres, vitraux et bijoux leur sont commandés en masse.

Leur succès était tel que le Roi Soleil tenta de faire venir des verriers de Murano en  France. Malheureusement la République de Venise fit tuer les « verriers déserteurs » pour garder le secret de cet art si convoité. Suite à ces événements, l’activité des verres de Murano connut un déclin. La production de verre diminua jusqu’au 19e siècle.

C’est après la Seconde Guerre mondiale que les verriers relancent leur métier. Malheureusement des trois cents fabriques de verre il n’en reste actuellement plus qu’une quinzaine. Et des trois cents couleurs différentes il n’en est utilisé plus qu’une soixantaine. Vous pouvez voir de nombreuses pièces de collection au Musée du Verre de Murano sur l’ile.

Mais pas besoin d’aller en Italie pour voir des pièces de Murano, des expositions ont récemment eu  lieu en France, la dernière à eu lieu au Musée Maillol su 27 mars au 28 juillet 2013 à Paris.

Mais quel était donc leur secret pour fabriquer ces magnifiques bijoux ? Et bien ils utilisaient la technique du soufflage de verre. La recette est simple, mais nécessite de nombreux accessoires et ingrédients. Difficile à faire chez soi si l’on n’est pas équipé.

Tout d’abord pour faire du verre il faut du sable, de la chaux et de la soude. Le tout est mélangé dans un grand pot en argile que l’on met à chauffer dans un four à haute température. Les ingrédients fondent pour former une pâte molle et chaude. Avec le bout d’une canne creuse, le souffleur de verre va prélever la pâte en fusion sur laquelle il va appliquer la ou les couleurs choisies.

Il crée ensuite les motifs en mélangeant les teintes et en tirant des fils de couleurs avec une pincette.  Avant d’être soufflé, le souffleur arrondit la pâte pour l’égaliser en tournant et retournant la canne sur une table en marbre. Puis il souffle enfin d’un coup sec en rebouchant directement après l’orifice de la canne avec son doigt, ce qui va dilater et faire gonfler le verre.

Puis pour enfermer les couleurs entre deux couches transparentes, le souffleur va le recouvrir d’une seconde couche de verre. Il ne lui reste plus qu’à donner la forme désirée du bijou. Pour séparer le futur bijou de sa canne il créer en général un choc thermique avec de l’eau. Le bijou détaché est ensuite placé dans un four à refroidir.  Une fois froid et durcit vous n’avez plus qu’a le porter.

Attention, ce type de bijoux demandent quelques précautions pour éviter de les casser. Même s’ils sont résistants, les bijoux en verre de Murano peuvent se casser ou s’émousser s’ils sont violemment projetés sur une surface dure. Donc si vous faites du sport, du jardinage, ou que vous preniez une douche ou encore tabassiez votre voisine, penser d’abord à les retirer vos bijoux.

Et évidemment, ne les laissez pas à la portée des enfants qui n’en feront qu’une bouchée. Lorsque vous les retirez, mieux vaut soigneusement les ranger dans une pochette ou une boite à bijoux. Lorsque vous vous parfumez, évitez d’en mettre sur votre bijou, ça risquerait de tenir le verre.

Et si votre bijou nécessite un coup d’éclat, nettoyez-le à l’aide d’un chiffon humide et légèrement imbibé d’alcool. Résultat garanti.

Quelques bijoux de Murano

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Photos : http://www.lutinmalicieux.com

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